EGLISE

 

L’idée centrale de la spiritualité de Merz était son amour pour l’Eglise. Cet amour provenait de toutes ses  activités publiques ainsi que  de tout ses écrits. Il est entré profondément dans le mystère de l’Eglise qui en est le corps  mystique du Christ, d’où s’en est suivi, ensuite, son engagement apostolique. Dans l’institution de l’Eglise il y  voit la présence du Christ, cette présence est relevée en personne par  l’évêque de Rome – le Pape.

 

Dieu est devenu homme, puis Il a laissé sur la terre sa Fiancée - l’Eglise Catholique de Rome.

 

En l’Eglise je vois une image claire du Sauveur bien aimé et de Dieu Christ, avec toute ses perfections.

 

La plus grande chose qui existe au monde est la sainte Eglise, la plus grande chose dans l’Eglise est la sainte Messe, et dans la Messe s’est la transsubstantiation.

 

L’Eglise est le sommet et le centre de la culture de toute l’humanité.

 

L’Eglise est le splendide reflet du Christ incommensurable, du Christ en personne.

 

Le but final de l’homme est d’arriver dans la Royaume du Christ où l’on  arrive, uniquement, par l’Eglise.

 

Tout dans ce monde, tout le système mondial, doit servir pour que les hommes attachés à l’Eglise, et ainsi au Christ, ressuscitent pour l’éternité.

 

L’Eglise a une expérience de deux milles ans,  le Saint Esprit lui-même la guide .

 

Sans les grands principes que nous donne l’Eglise, il n’est pas possible, du tout,  d’établir un ordre social sur des fondations solides ; il n’est pas possible de renouveler la société humaine.

 

Je suis profondément convaincu qu’en dehors de l’Eglise, pour un chrétien, il n’y a pas de beauté et d’art complets.

 

Selon l’essence même de la vie catholique, tout ce qui est catholique doit se concentrer  dans l’évêque comme en son foyer.

 

La constitution divine de l’Eglise nous garantit que la vie juste, normale, la vie catholique régulièrement régénérée, doit découler de l’évêque comme de sa source.

 

La compréhension de l’Eglise est une opinion qui, à travers les siècles, dans une intégrité harmonieuse, range les parcelles de son jugement critique concernant toutes les apparences de la vie qui évoluent continuellement.

 

En prenant en considération  l’évaluation étique de l’art  – c’est à dire qu’est beau que ce qui est en même temps bon, cette évaluation sera la plus objective si on lui applique les vérités chrétiennes.

 

Les vérités de la foi sont l’unique critère de l’art qui permet de comprendre objectivement la vie et l’art.

 

Les athées, les internationalistes, tous les autres théoriciens doivent étudier l’histoire de l’Eglise puis son activité  présente , ainsi ils verront que  l’Eglise  seule tire l’humanité en avant.

 

Le peuple croate s’est élevé au sein de la sainte Eglise Catholique et, d’elle, il a reçu beaucoup de  biens aussi bien spirituels que temporels.

 

Les papes de Rome ont suivi par amour paternel le destin de petit peuple croate et ils se sont occupé de son éducation et de sa liberté politique.

 

Le destin du peuple croate était inséparablement lié avec le destin de l’Eglise Catholique ; renier cette influence bienfaisante sur son développement serait un geste de la plus grande ingratitude.

 

 

LE PAPE – CHRIST SUR LA TERRE

 

L’amour et la fidélité d’Ivan envers le pape, comme lieutenant du Christ, étaient une des principales caractéristique spirituelle d’Ivan comme  intellectuel catholique. En cela, il a surpassé beaucoup d’ecclésiastiques. Cet amour et ce respect envers le Saint- Père, ainsi que l’étude de ses encycliques et de ses discours, il les a propagés dans son entourage, particulièrement chez les jeunes.

 

En la personne du Saint-Père, sous l’apparences de l’homme, je vois mon Dieu et mon Seigneur.

 

Le Pape est le Christ visible et vivant sur la terre.

 

La papauté est le fondement et l’inébranlable rocher sur lequel est édifiée l’Eglise.

 

Le fondement papal s’étend mystérieusement sur tous les évêchés du monde.

 

L’Eglise qui s’élève sur le support papal en reçoit toute sa force et sa solidité.

 

La Providence a planté sur le mont un phare – la papauté – qui éclaire toute la terre et aide a distinguer la vérité de l’erreur, le bien du mal.

 

En l’Année Sainte (année jubilaire – 1925) nous avons compris plus profondément ce que signifie la surhumanité papale.

 

Nous avons compris que la grandeur des peuples dépend de leur fidélité au Pape, de la manière dont ils se comportent envers les commandements et les désirs du Vicaire du Christ.

 

Dans la turbulence des erreurs et des passions qui secouent l’humanité,  la chaire de Pierre est « l’ancre de l’espoir et du salut » dans laquelle nous devons trouver refuge  si nous ne voulons pas périr.

 

Une des caractéristiques fondamentales de chaque catholique romain, est d’aimer le saint Père  et d’accorder toutes ses pensées et ses actions à ses désirs et décisions.

 

Le Pape de Rome est le Christ visible parmi les hommes ; il est le fiancé  de l’Eglise universelle.

 

L’amour et la fidélité envers le Pape sont de la plus grande importance pour la vie de chaque croyant , pour

toute la vie sociale, pour la vie en famille et dans l’école,  pour la presse et l’art, pour la vie économique, politique et internationale.

 

La papauté est le rocher et le fondement de la vie spirituelle de chaque croyant.

 

L’édifice de notre vie spirituelle, de notre connaissance religieuse et de nos activités, doit s’élever sur l’inébranlable fondement des vérités que la papauté enseigne sans tromperie .

 

Le pape doit être l’objet de notre adoration  particulière et de notre amour, une partie de la vie de notre âme.

 

 

ROME – centre du christianisme

 

Rome comme centre du christianisme pour Ivan Merz n’ était pas seulement la  sainte et l’ éternelle ville, mais aussi la ville dans laquelle réside le Vicaire du Christ sur la terre, la ville sanctifiée  par le sang des premiers martyres et par les vies de tant de  saints. De là viennent les descriptions touchantes de Rome et son importance pour chaque croyant chrétien.

 

Lorsque vous arrivez à Rome et voyez les pèlerins de différents continents, alors vous sentez tout à fait clairement la grande activité de l’Eglise de Rome – de la mère de toutes les Eglises du monde.

 

Lorsque vous êtes à Rome, il vous semble être comme dans une gigantesque centrale électrique, qui envoie au monde l’énergie d’un grand renouvellement moral.

 

A Rome vous avez l’intuition, le sentiment, que tout est fragile et instable, mais la barque du Pape se balance au milieu des vagues, sans crainte,  car elle est ancrée dans l’inébranlable roc de Pierre.

 

Tous les peuples se hâtent à Rome, dans leur seconde patrie, pour s’incliner devant leur Roi, devant leur Père pour professer leur foi en l’Eglise Catholique, unique et universelle Eglise,  fondée par le Christ, qui le restera jusqu’à la fin du monde. 

 

A Rome on ressent que tous les peuples sont  frères et  sœurs dans une même famille, qu’ est la sainte Eglise,  dont le père est le  supérieur,  l’ éternel Vicaire Divin, l’évêque de Rome.

 

 

MARIE

 

La dévotion profonde envers la Bienheureuse Vierge Marie a marqué la vie spirituelle  d’Ivan Merz. Déjà jeune homme il recourt à  Notre Dame pour qu’elle l’aide dans son combat contre le péché  et qu’elle  garde sa pureté d’âme . Sa piété envers Notre-Dame,  Merz l’a surtout  approfondie à Lourdes où il a affectionné particulièrement le rosaire qui, à côté de l’Eucharistie, devient son plus fidèle ami jusqu’à sa mort. Il était un grand propagateur de l’adoration à Notre-Dame de Lourdes à qui il a consacré de nombreuses  conférences, articles et même une brochure entière.

 

Dieu incommensurable nous donne sa propre vie à travers Marie.

 

Jusqu’à la fin de notre vie puisons la vie divine à travers Marie.

 

Lorsque le prêtre nous distribue l’Eucharistie, il remplace la Bienheureuse Vierge Marie qui, dans son immense amour, nous donne la plénitude de sa propre vie intérieure, de sa vie illimitée et éternelle, qui nous donne Dieu, Jésus Christ eucharistique.

 

A Lourdes, tu es d’abord pris par le sentiment qu’Elle est là, Elle - la Mère de Dieu, qui est plus grande,  plus puissante,  plus belle que tous ces colosses des Pyrénées qui entourent Lourdes.

 

Elle réside à Lourdes d’une  manière spéciale, et je pense que tous ceux qui sont là-bas doivent avoir ce sentiment qu’elle est présente là. 

 

Chaque cierge qui scintille (en procession à Lourdes) est une âme qui partira aujourd’hui, demain ,chez Elle .

 

Oh, viendra-t-il, le plus tôt  possible cet instant, où l’homme commencera à penser à l’éternité, car vraiment à Lourdes il y un avant-goût du Ciel.

 

Durant la procession à Lourdes, un cardinal de la sainte Eglise romaine, a porté le Très Saint Sacrement, et le clergé  de l’Eglise romaine a prié au nom du peuple et devant le peuple. Et le Très  Saint Sacrement doucement est passé à côté des malades, étendus ou assis …

 

Et, si à cet instant, un malade guérit en un clin d’œil, alors  Dieu sous l’apparence du pain de froment est présent et toutes les « absurdités »  de l ‘Eglise Catholique deviennent  vérité pure et salvatrice.

 

Oh, quel conte magique des églises éclairées, des fleuves et des lacs ardents, des chants enthousiastes, des guérisons miraculeuses et des hommes saints qui par amour de leur prochain sacrifient leur vie ;  quelle scène d’un conte fabuleux  prépare le Père, pour ses enfants terrestres.

 

Oui, c’est à Lourdes que j’ai appris ce qu’est le chapelet et désormais c’est mon second meilleur ami.

 

Lourdes a donné à ma foi rationnelle sa dimension spirituelle.

 

Si la Bienheureuse Vierge Marie n’a pas entièrement guéri mes yeux – je lis avec difficulté – par ailleurs, à Lourdes, je me suis attaché au chapelet qui restera jusqu’à ma tombe mon ami le plus fidel.

 

Quand vous trouverez la vie difficile et que les problèmes s’abattront sur vous, prenez votre chapelet, Marie vous consolera et vous donnera, la force de tout supporter avec calme, dans un abandon total à la volonté de Dieu.

 

Prions Marie sans cesse, pour qu’un jour, remplis de la sainte joie, nous trépassions dans sa tendre embrassade  et sur le Cœur de Jésus.

 

LITURGIE

 

La liturgie – le culte officiel de l’Eglise Catholique –était le centre de la prière et de la vie spirituelle d’Ivan. Du cœur de la liturgie – de l’Eucharistie – Merz a quotidiennement puisé la force et l’ardeur apostolique. Son intérêt pour la liturgie il le montre encore comme étudiant. Pour sa thèse de doctorat il a choisi comme  thème  « l’influence de la liturgie sur les écrivains français ». Merz a même observé la liturgie sous un aspect artistique  si tous les arts y trouvent leur expression. Ses merveilleuses pensées sur la liturgie, que nous citons ici, nous font découvrir le sanctuaire de son âme, continuellement unie à Dieu, et dans l’aspiration d’un chant perpétuel à la louange Divine.

 

Dans la liturgie l’homme rend, de manière la plus parfaite,  l’hommage à Dieu - l’honneur qui Lui appartient.

 

La liturgie est la prière officielle de l’Eglise, c’est la prière officielle de la Fiancée du Christ,  c’est un dialogue entre la Fiancée et son divin Fiancé.

 

Les prières et les mouvements de la liturgie, ses mélodies et ses parfums sont une projection du Ciel sur la terre, c’est une photographie de la Divine vie intérieure.

 

Comme il est, selon saint Jean, l’Agneau, le centre du ciel,  de même, la sainte liturgie se déroule autour de la très sainte Hostie – autour de Jésus Christ lui même.

 

Dans la liturgie, comme dans un miroir, se reflète la vie du Christ.

 

Comme elle est majestueuse la messe solennelle conventuelle, au Monastère des trappistes ! Comme tout va doucement, on sent le battement de l’éternité. Pourquoi être pressé quand l’homme chante la louange Divine pour laquelle il est créé ?! L’homme a atteint  son but, il doit seulement observer.

 

La beauté des cérémonies catholiques est si fascinante que si l’on sent une fois ses charmes, on sent le désir de tout laisser et de passer toute sa vie en prières liturgiques, chantant jour et nuit, sans cesse, les cantiques à la Très Sainte Trinité.

 

A l’église, à la sainte messe, on  se sent comme sur une île  au milieu de la mer agitée, sur l’ île de la vie, véritable et juste.

 

Par la méditation liturgique chaque catholique devient grand et universel, il commence à ressentir ce que ressent l’Eglise –elle même.

 

Dans la liturgie, il est plus facile de connaître toutes les beautés de  la vie intérieure Divine.

 

La liturgie est la plus grande œuvre artistique qui existe au monde, et avec cela c’est l’art central,  car la liturgie  présente artistiquement  la vie du Christ qui est le centre de l’histoire. 

 

L’ artistique reflet de la vie intérieure de Dieu c’est notre sainte liturgie. La liturgie est donc l’art  par excellence, car elle est vivante comme notre Seigneur est vivant.

 

Comme  la théologie est la science centrale, ainsi la liturgie est l’art central.

 

La liturgie est l’unité artistique dans laquelle participent tous les arts et qui a agi sur tous les arts.

 

La liturgie est l’expression de l’âme de l’Eglise, sur son fondement  il devrait être facile d’ élaborer la théorie de l’art.

 

L’année liturgique, comme dans un miroir mouvant, reflète la vie de Jésus,  de son séjour à l’intérieur de la Très Sainte Trinité, par sa vie terrestre et jusqu’à sa seconde venue.

 

Parmi les peuples catholiques il n’y a pas ni  une heure ni  un instant sans que les religieux ou les prêtres ne prient  le divin bréviaire. Oh ! quelle merveilleuse Eglise, qui sans cesse , en communion avec les armées célestes,  chante  la louange au Créateur !

 

Avec le missel, le plus beau livre de prière, est le bréviaire. Mais le bréviaire n’est pas seulement un livre de prière ; avec le missel il est la plus belle œuvre littéraire que l’humanité possède.

 

Je pense que les apogées de la beauté existante  se trouvent dans le missel, le bréviaire, dans la messe  pontificale, et dans les mélodies grégoriennes.

 

La musique liturgique est la musique qui dépasse toutes les autres. Elle traite et exprime ce qui est  principal, essentiel, uniquement nécessaire – l’amour vers Dieu.

 

La musique liturgique grégorienne est la musique de la sainteté.

 

La liturgie ne lie pas seulement les individus d’un  peuple dans un unique ensemble, mais elle établit les filaments entre tous les peuples en les faisant  frères et enfants d’un même Père au ciel.

 

Sur le fondement de la liturgie s’éduque chaque âme en particulier.

 

La liturgie est une pédagogie au sens propre, car grâce à elle le croyant vit dans son âme toutes les phases de la vie éternelle du  Christ.

 

Par la liturgie catholique tous les hommes méditent le même jour les mêmes choses et, de cette manière, s’affermit la conscience de l’unité catholique de tous les peules.

 

La sainte liturgie est un des plus puissants moyen de la paix universelle.