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DIEU
Ivan observe autour de soi le monde créé, et sa réflexion logique le conduit à l’existence du Créateur qui dirige tout. Cependant, sa foi en Dieu traversait des moments de crises et de doutes. Successivement, et en particulier pendant la période de la guerre, sa foi se purifie,s’ affermit ; il grandit en amour et en désir ardent de s’unir avec Dieu.
Toutes les merveilles du monde, toute la nature, amène à la connaissance que la source de tout se trouve dans l’incommensurable Esprit, dans l’Idéal de l’humanité, dans la Vérité, la Bonté et la Beauté.
Le secret de la nuit m’absorbait de plus en plus. Dans le mouvement de l’univers je sentis le pouls de Celui qui en était le commencement, qui est maintenant et qui règnera dans les siècles des siècles.
Les mélodies divines tiennent et remplissent tout l’univers.
Dans chaque âme humaine se trouve une aspiration à quelque chose de grand.
Notre cœur aspire à Dieu, comme une éruption.
Dieu existe et je le crois fermement ; même dans les plus forts moments d’épreuve et de doute Il est unique, éternel, grand Dieu .
Je crois au Seigneur Dieu tout-puissant, je crois qu’il est le parfait Esprit dans la liberté de volonté et de grandeur.
C’est un fait que Dieu existe, que je Le sens autour de moi, en moi, ici, là-bas, partout.
Puisque Dieu existe, il s’ensuit déjà que notre vie a un but.
Si nous croyons en la Divinité absolue, alors il n’y a pas d’hasard.
L’amour envers mes parents me témoigne que l’amour, que l’âme, que Dieu n’est pas une utopie. Que tout cela existe, que l’homme est vraiment une idée qui tend vers sa source.
Là où tu n’es pas, mon Dieu, il n’y a pas de joie, non plus.
Toute la vie est une lutte entre le bien et le mal, par celle-ci nous arrivons à l’Idéal de notre vie : au Très-Haut.
La meilleure apologie de l’action divine dans l’humanité c’est l’esprit unique qui imprègne les mouvements catholiques.
Aucune force humaine, aucun système philosophique ne peut créer cet esprit unique qui pénétre les mouvements catholiques du monde. C’est l’œuvre de la Force, qui est au-dessus de nous, que nous cherchons et voulons connaître.
RELIGION
En lisant le journal d’Ivan nous nous apercevons comment, à travers l’art, puis par sa réflexion personnelle, il arrive jusqu’à la connaissance de la religion authentique et ses valeurs pour sa vie personnelle. Cette véritable religion, Merz la trouve uniquement dans la foi catholique, à laquelle il va, ensuite consacrer toute sa vie.
L’entretien avec le Très-Haut, cette liaison, la reconnaissance du Très-Haut, c’est la religion.
La religion, sans prière, est morte.
Laisser parler son propre cœur, méditer l’Ecriture Sainte et les intentions du Très-Haut, c’est la prière.
La meilleure utilisation de son temps c’est la contemplation de Dieu et de ses révélations.
La société moderne se livre au désespoir car elle a perdu ses liens avec son origine.
La satisfaction absolue se trouve seulement en Dieu.
Notre esprit aspire au parfait et grand Esprit. Dans la prière on discute avec Lui et Il répond si mystérieusement et délicatement que l’homme pense et respire l’air des sommets.
Lorsque le cœur s’élance dans les domaines mystiques, il sent une soif magique et plus proche elle est de la Source plus elle devient énorme.
Mon Dieu, comme je t’aime, comme je te remercie car tu combles mon âme d’une douceur délicieuse.
A quel point mon âme s’élève, comment elle vole vers Toi ; elle voudrait, par une force inhumaine, casser cette poitrine et partir là-haut pour s’unir avec Toi éternellement.
Il existe un Dieu qui agit continuellement sur les âmes humaines.
LA PRIERE
Ivan Merz ne nous a pas laissé de théorie sur la prière, mais son expérience et sa pratique de la prière. Dans ce chapitre nous avons réuni seulement ses courtes prières qu’ il a noté, principalement, dans son journal et à différentes occasions – comme étudiant ou bien soldat sur le front ou aussi, déjà, comme un homme mûr . Ces prières sincères sont sorties du plus profond de son cœur ; elles sont aussi conditionnées par les circonstances de la vie dans lesquelles Ivan s’est trouvé à ce moment là. Par ces soupirs, dans la prière, nous pouvons encore mieux connaître son âme, entièrement consacrée à Dieu. Regardant et observant sa personnalité de saint, nous pouvons constater que Dieu a entièrement exhaucé toutes les prières citées ci-dessous.
Mon Dieu, pardonne- moi parce que je T’ai laissé. Donne-moi de nouveau la force que je Te reconnaisse partout et en tout, que je Te sente partout.
Mon Dieu, par le feu de ta miséricorde, brûle les parasites des péchés, dans mon âme, afin que bon et saint j’entre en Toi.
Mon Dieu, Consolateur, viens et pénètre mon tempérament par les atomes de l’éternité.
Ma Mère si bonne, La plus grande ; je t’en prie, remplie mon âme de beaux sentiments et de nobles pensées, indique-moi toujours le bon chemin, même s’il est difficile à suivre.
Ma prière se lève maintenant vers l’Immaculée : Qu’elle me guide dans cette ville de Vienne sur tous les chemins. Que chacun de mes pas soit dirigé vers la beauté.
Ma Mère éternelle, Toi qui est l’incarnation de la poésie, de tout ce qui est beau et éternel, donne moi la grâce que je puisse continuer à recevoir les grâces de la beauté !
Mon Dieu aide moi, donne moi la grâce que je devienne maître absolu de mon corps. Il vaut mieux mourir, que d’être mou, le jouet de sa passion.
O mon Dieu, si je pouvais être déjà chez toi ! Le mieux serait que par la flamme de ta miséricorde Tu brûles les parasites des péchés qui se sont entortillés dans mon âme, afin que j’entre en Toi bon et saint.
Mon Dieu, donne moi une force tonitruante pour rassembler toutes mes passions, afin de les empoigner avec ma main droite, et, par la force du canon, les jeter contre un rocher qu’elles se brisent comme le verre, et se dispersent dans tous les sens.
Mon Dieu, mon Dieu, quand pourrai-je faire cela, quand marcherai-je entièrement purifié sur cette terre ! Aide moi mon Dieu, car il vaut mieux ne pas vivre que de vivre ainsi.
Mon Dieu, je te prie pour cette grâce : brûle ma paresse et ma sensualité ! Donne à mon esprit une suprématie sur mon estomac qui veut me dominer. Sanctifie mon corps et mon âme !
Ô mon Dieu, donne moi la force de t’aimer ardemment, de croire en toi, si fortement, afin de pouvoir, sans aucune réflexion et crainte, innocent comme un enfant à qui personne n’a encore parlé de la peur, me promener en des lieux menacés par la mort.
Mon Dieu, éclaire moi pour prendre, bientôt, une ferme décision. Que Ta volonté se fasse partout, nous ne sommes, ici, seulement que des voyageurs, car dans notre vraie patrie on ne demandera pas si j’ai été un professeur ou un maçon. Mais, il faut bien faire quelque chose !
Je t’en prie, Jésus, donne-moi la possibilité de méditer les vérités éternelles et que je puisse m’unir quotidiennement avec Toi, mon Dieu.
Mon Dieu, prend moi, lorsque je pose mon regard à côté, que je ne regrette pas mon choix. Donne moi d’accepter le calice de la souffrance et que sur cette terre j’invoque Ton nom, puis qu’après cela je puisse Te regarder face à face !
CHRIST
Le centre de l’expérience chrétienne d’Ivan a été Jésus Christ. Ivan le rencontre et le vit de différentes manières et dans différentes sphères. D’abord il le voit comme souverain cosmique de l’univers, puis présent dans l’Eucharistie, ensuite dans la liturgie de l’Eglise et sa hiérarchie et enfin, Ivan reconnaît la présence du Christ en l’évêque de Rome – le Pape et dans son prochain.
Christ est souverain de l’éternité cosmique et de l’immensité.
Christ est venu de l’éternité dans l’ histoire en devenant le centre de tout le macrocosme ; Il nous a donné Soi-même pour nous faire renaître physiquement et spirituellement.
Christ est la cause et le but de nos désirs éternels.
Christ est venu au monde pour sanctifier toute la nature.
Plus je connais le catholicisme, plus je vois qu’il est inépuisable.
Tu te détourne du catholicisme, tout autour de toi devient sombre et laid.
Je sais, et je sens, que le catholicisme est l’unique et vraie religion…En ce qui concerne les autres je n’ai jamais pensé qu’elles pourraient être meilleures que le catholicisme.
Le catholicisme est porteur universel de la vérité, de la morale et de la grâce.
La vie à l’université de Vienne, ensuite la guerre, mes études et enfin Lourdes, m’ont convaincu pleinement de la vérité de la foi catholique.
Toute ma vie se meut autour du Christ Seigneur.
La foi catholique est la vocation de ma vie, elle doit l’être pour chaque être humain, sans exception.
Il faut s’oublier totalement, en travaillant pour notre Seigneur Jésus Christ qui est l’unique et éternel.
CŒUR DE JESUS
Ivan était un grand adorateur du Cœur de Jésus. Les six dernières années de sa vie (1922 – 1928) il visitait quotidiennement la Basilique du Sacré-Cœur à Zagreb où il participe tous les jours à l’eucharistie et à la Communion. La Providence Divine l’a récompensé de cet amour envers le Cœur de Jésus – sa dépouille repose aujourd’hui sous les arcades de la Basilique du Sacré-Cœur à Zagreb. L’ espérance, en union avec le Cœur du Christ, a trouvé également son expression dans son dernier écrit – aujourd’hui gravé sur sa tombe en guise d‘épitaphe.
J’ai effectué, ma neuvième sainte Communion, en l’honneur du Très Saint Cœur de Jésus, et je crois, qu’ainsi, je regarderai les profondeurs de la Très Sainte Trinité.
L’immense amour du Christ, je dois le mériter quelle qu’en soit la manière; et avec l’aide de Dieu, je tâcherai de continuer l’œuvre de sanctification, le mieux possible.
Mes prières au Sacré Cœur sont exaucées. Après vingt ans, papa a reçu la sainte Communion. La grâce – cet élément surnaturel l’a converti. Maintenant, c’est maman qui m’inquiète. Cœur de Jésus, aide-la!
Cœur de Jésus, je te consacre ma vie : si en ton honneur, je dois souffrire pour arriver à Toi, que Ta volonté soit faite.
Le Sacré Cœur de Jésus, c’est le plus fort facteur pour la rechristianisation de la société.
Tout, en l’honneur du Très Saint Cœur de Jésus !
J’attends la miséricorde du Seigneur, et l’inamovible, complète, et éternelle possession du Très Saint Cœur de Jésus. EUCHARISTIE
Pour Merz, l’eucharistie était le lieu privilégié et primaire pour la rencontre avec le Christ – l’eucharistie est devenu le centre de sa vie spirituelle. Les pensées qu’il a notées sont pleines d’élan et d’amour. L’amour envers Jésus présent dans l’eucharistie était le point de départ de ses nombreuses initiatives apostoliques.
Pour nous, où Dieu est-il plus présent que dans l’eucharistie ?
Qu’il est grand Son Amour quand Lui, l’Immensité, se donne à nous, tout petits et futiles, pour repas.
Qu’il est grand Celui qui se donne, soi-même, comme Pain, qui nous donne toute sa grandeur, tout son amour.
La Communion est source de vie.
Durant la messe j’étais si pénétré, à tel point, que je sentais mystiquement et vraiment la transsubstantiation.
Durant la transsubstantiation je sentais mystiquement, que là est présent le Christ, devant qui nous devons nous incliner.
On ne peut pas exprimer ce que l’on ressent lorsque le Christ s’unit avec nous dans la sainte Communion. Il apparaît, alors, de plus en plus, le désir, le désir du Christ entier, de la Lumière, de Dieu – du Créateur.
Lorsque je repense à mes émotions durant la Communion, j’ai l’impression de vivre un rêve, secret, merveilleux et beau, une telle atmosphère. Et lorsque je m’y trouve, j’oublie tout ; quelque chose m’attire, m’attire irrésistiblement.
J’ai communié hier; j’étais si joyeux et content que j’ai eu l’impression de ne plus être affligé même si je me trouve dans la peine.
Chacun sait à quel point la proximité de l’Eucharistie fortifie.
Justement, maintenant j’ai besoin de force spirituelle , je dois la puiser dans l’inépuisable source de l’Amour, de cette tout-puissante force de l’Eucharistie.
L’Eucharistie remplit l’âme de l’illumination plus brillante que le jour ; elle la transforme en bonheur spirituel et la calme dans le sentiment de l’inconnue et de l’immensité.
Fortement, très fortement je voudrais aller de nouveau vers cette Source – l’Eucharistie. Oh mon Dieu, aide-moi !
Je ne comprends pas moi-même ; j’ai cet immense désir de Pain, de cette petite Hostie.
Ma bouche, et tout mon intérieur, voudrait l’Hostie pour se souder avec elle.
Il me semble que j’ai senti, comme dans un brouillard ces lois, ce quelque chose qui fait bouger tout, puis après, je sentis la Madone avec l’enfant, et tout cela, ensemble, je l’ai senti uni dans l’Hostie.
Je voudrais me nourrir du Seigneur, qui m’aime plus que personne, et qui m’est cher, plus que tout dans ce monde.
Il n’y a pas de sainte Eucharistie. Je vis, ici, sur le front comme un païen, comme si l’Agneau n’est plus au centre du cosmos.
Demain j’irai me communier et ainsi, de nouveau, absorber la force nécessaire pour le combat.
Il y a quelques jours j’ai vu un prêtre sur le champ de bataille. J’ai eu une forte envie d’embrasser les mains
qui ont tenu le Christ.
N’oublions pas l’immense amour du Christ et consacrons une attention plus grande à cette petite et solitaire Hostie blanche qui nous attend dans le églises froides.
Le monde vie pour lui, comme s’il n’a pas eu lieu ce miracle des miracles – L’Eucharistie.
Ils sont splendides les passages de l’Evangile d’Ivan concernant la Communion.
Le jeûne et la Communion, deux contradictions. Le jeûne donne de la peine et nous prive du plaisir. La Communion nous donne un immense plaisir et transforme notre corps en existence divine.
En la sainte Communion, où votre corps et votre âme s’unissent avec le Divinité elle-même, doit se trouver le sommet de votre vie.
En la sainte communion se trouve le sommet de la liturgie entière .
Toutes les prières et chants splendides, toutes vos méditations, tous vos actes durant la journée doivent être christocentriques, ils doivent être dirigés vers cet unique moment de votre vie quotidienne – vers la sainte Communion.
En s’unissant avec le Christ, dans la sainte Communion, s’accomplit déjà sur la terre votre but final et vous devenez participants de l’essence divine .
La sainte messe sans la sainte Communion est en quelque sorte fragmentaire.
Le Sauveur a pris l’apparence du pain et du vin et nous a ainsi dit, clairement, qu’il souhaite qu’on le prenne pour nourriture lors de chaque messe.
L’offrande en eucharistie est complète si, après la Communion, nous nous unissons par les plus étroites liaisons d’amour avec le Christ en transformant une essence en une autre.
Soyons des catholiques contemporains et, par la sainte Communion devenons participants de la vie infinie de la Parole Divine.
L’Eucharistie est le moyen le plus fort, la flamme qui brûle en nous la rouille de nos péchés et donne la vie à notre âme.
Par l’Eucharistie expérimentons en nous les paroles de saint Paul qui dit : »Je vis, pourtant ce n’est pas moi, mais c’est le Christ qui vit en moi. «
L’Eucharistie nous mène vers le sommet de la perfection chrétienne ; vers une véritable vie spirituelle.
L’Eucharistie est notre première joie sur la terre ; par Elle nous devenons les participants de la future gloire dans le ciel.
Par la sainte Communion, dans notre âme commencent à couler les eaux qui mènent à la vie éternelle.
La sainte Communion élève notre vie intérieure et la fait renaître plus vite et plus facilement.
En la sainte Communion l’âme glorifie ses triomphes, elle devient semblable à son Fiancé divin, elle devient divine, elle devient participante de l’immensité et de l’éternité.
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